Fiche n°1 : Être animateur au service d’un groupe biblique

L’enjeu de cette démarche est de l’ordre d’une rencontre, d’un parcours de connaissance mutuelle, voire de reconnaissance. L’animation biblique est une démarche qui distingue et articule quatre instances :· le texte biblique,· chacun des membres du groupe,· le groupe,· l’animateur biblique.

L’enjeu de cette démarche est de l’ordre d’une rencontre, d’un parcours de connaissance mutuelle, voire de reconnaissance. L’animation biblique est une démarche qui distingue et articule quatre instances :

· le texte biblique,
· chacun des membres du groupe,
· le groupe,
· l’animateur biblique. 

L’enjeu de cette démarche est de l’ordre d’une rencontre, d’un parcours de connaissance mutuelle, voire de reconnaissance. Cette rencontre passe par la lecture attentive et patiente du texte, par le dialogue avec lui, par son interprétation et son appropriation par chacun et par le groupe. Un cheminement à plusieurs voix, dont personne, pas même animateur ne peut dire à l’avance ce qu’il sera, ni quels en seront les effets.

Chacun de ces quatre sujets contribue à ce que cet événement se produise. La focale est mise sur la part faite à la fois de savoir-être et de savoir-faire de l’animateur. Les deux ont vocation à faire corps. Nous les distinguons pour mettre chacun en valeur.

 

1 – Savoir-être

A la différence d’une étude biblique et d’un partage biblique, l’animateur a pour vocation de créer les conditions qui permettront aux membres du groupe de s’engager dans la lecture du texte biblique, dans l’interprétation et l’appropriation de celui-ci. Son rôle est de veiller à ce que les participants soient eux-mêmes lecteurs et qu’ils n’attendent pas de lui ou d’un autre, qu’il lise à leur place. Cette mission requiert des qualités fondamentales : Plus elles seront incarnées, plus elles inspireront chacun, le groupe, la lecture du texte, la rencontre. Cet apprentissage n’est jamais terminé. 

Être présent

Être là, de tout son être, disponible et bien disposé, car il s’agit d’accueillir des individus et un texte biblique.

Être confiant

Faire confiance aux personnes présentes, à leur intelligence, à leurs capacités à s’engager dans la lecture et le dialogue. Faire confiance au texte biblique et aux ressources qu’il offre pour être lu. Faire confiance à ce qui va se passer entre les lecteurs et le texte biblique.

Être vigilant

Veiller au respect. Celui-ci concerne le texte biblique, les participants, les relations au sein du groupe, le cadre, les règles de vie, le temps, la circulation de la parole, la dynamique de groupe. La vigilance est nécessaire pour mettre à l’épreuve la confiance. Sans elle, la confiance risque d’être une confiance à bon marché.

Intervenir

Fermement et délicatement. Lorsque l’un des sujets est mis à mal, l’animateur intervient, en tant que facilitateur, pour que le travail du groupe se déroule dans de bonnes conditions. Ses interventions sont d’autant plus productives qu’elles sont empreintes de patience et de bienveillance.

Relire la pratique

Être présent à ce qui se passe dans le groupe et en soi-même et être capable en même temps, de faire un pas de côté pour observer, de façon critique, estimer et recadrer si nécessaire. Cela vaut pour le temps de la rencontre elle-même et pour l’après rencontre, lorsque l’animateur une fois rentré chez lui, relit la séance. C’est le meilleur moyen pour être dans une dynamique de formation continue.

Recevoir, rebondir, faire rebondir

Une animation biblique est faite d’inattendu, de toutes sortes. Or nous sommes plus ou moins prêts à recevoir ce qui survient, ce qui se dit, ou peine à se dire, le silence, le désaccord, le conflit, une intervention qui semble à côté de la plaque, une question, un retardataire. L’animateur gagne à travailler ses capacités à recevoir, à rebondir pour rester dans un mouvement, et ses capacités à faire rebondir aussi ce qui arrive, dans le groupe, pour que celui-ci reçoive lui-même et rebondisse.

Être humble

Reconnaître qu’il y a plus grand que soi. L’animateur est au service d’une rencontre qu’il a la responsabilité de préparer, en fréquentant assidument et en étudiant les textes bibliques, en se mettant à leur écoute, et en construisant des animations qui vont contribuer à ce que ces textes soient lus par d’autres, respectueusement et librement. Mais tous ses préparatifs et l’expérience acquise au fil des ans, ne doivent pas lui faire perdre de vue ceci : Celui qui a inspiré l’écriture de ces textes est aussi à l’œuvre au temps de la lecture et inspire chacun, comme bon lui semble, où et quand il le désire.

2 – Savoir-faire

En dehors de lui-même et de son savoir-être, l’animateur biblique prend appui sur un certain nombre de réalités, d’outils, de ressources qui le soutiennent dans sa mission. Pour l’essentiel :

  • La structure d’une animation biblique. Accueil – Entrée en matière – Visite guidée du texte biblique – Actualisation/appropriation – Clôture ouverte, structurent le parcours. Ces étapes peuvent être vécues dans une même séance ou réparties sur plusieurs.
  • De nombreuses démarches réflexives, actives et interactives sont à sa disposition pour soutenir l’implication de chacun et la dynamique de groupe, à chacune de ces étapes.
  • La prise en compte de ce qu’est un groupe (un organisme vivant) : ce qui le constitue, les forces qui y sont à l’œuvre (favorables et défavorables), la dynamique de groupe, les personnalités, les diverses configurations possibles en fonction de la tâche à accomplir.
  • L’occupation de l’espace, le confort, l’utilisation de tables seulement si et quand elles sont nécessaires, leur disposition pour favoriser la circulation de la parole, les relations.
  • Le texte biblique imprimé de façon lisible, photocopié, distribué à chacun. Ainsi présenté, chacun se sent plus libre d’étudier le texte, de l’annoter, de souligner.
  • La gestion du temps, directive par moments (début et fin de la rencontre) et souple à d’autres.
  • La clarté des objectifs, étape par étape, du cadre, des modes de travail, de son rôle et de sa fonction, et de ceux des participants.

Plus l’animateur accumule les expériences et évalue, ajuste celles-ci, plus il se sent à l’aise dans ce rôle et cette fonction, ce qui donne des ailes aussi aux participants.

Un animateur biblique peut offrir et mettre à profit ses compétences dans toute réunion où le texte biblique a sa place : groupe biblique, groupe de maison, conseil presbytéral, catéchèse, groupe de prière, aumônerie, et même le culte !

Fiche pédagogique proposée par Sophie Schlumberger, animatrice biblique en région parisienne.