Panier

L’Église universelle s’est réunie à Karlsruhe

La 11e Assemblée du Conseil œcuménique des Églises s'est tenue à Karlsruhe, en Allemagne, le 31 août au 8 septembre 2022, sous le thème "L'amour du Christ pousse le monde vers la réconciliation et l'unité".

Fallait-il exclure l’Église orthodoxe russe ?

Ainsi beaucoup ont réclamé avant l’assemblée du Conseil Œcuménique des Églises [COE] qui s’est déroulée du 31 août au 8 septembre cette année à Karlsruhe. Non, le COE n’a pas suivi cet appel d’exclure la délégation plurinationale de l’Église orthodoxe russe. Il voit son rôle de rester en dialogue. Le Comité central qui dirige le COE entre deux assemblées avait par contre invité une délégation ukrainienne. C’était un grand défi !

« L’amour du Christ mène le monde à la réconciliation et à l’unité ».

Nous étions au cœur du thème qui est tiré de l’apôtre Paul en 2 Corinthiens 5.14 et s’appuie sur le cœur même de l’Évangile. Cette bonne nouvelle offre au monde les profondeurs et les merveilles de l’amour de Dieu qui s’est révélé en Jésus-Christ. L’Église est appelée à le suivre le Christ et son amour au sein « de la souffrance humaine à l’œuvre dans le monde : la guerre, la mort, la maladie et la famine ». Le thème a été choisi bien avant que la guerre de la Russie en Ukraine eût commencé. Il s’inspire du contexte du lieu de la rencontre. L’Europe, la France et l’Allemagne connaissent la guerre, mais également la réconciliation. L’assemblée a donné une voix aux souffrances du peuple ukrainien, mais a gardé un lien, une porte ouverte vers l’Église orthodoxe russe.

 

La déclaration sur la « Guerre en Ukraine, paix et justice dans la région européenne » s’appuie sur le texte biblique Eph 2,14 .17-18 : « Le Christ est notre paix ! » L’assemblée appelle les Églises « à prendre au sérieux l’appel à l’unité en Christ. » La déclaration nomme « l’invasion russe » (avec les réfugiés, dévastations et victimes) et soutient fermement la parole du Comité central en juin 2022 disant que la guerre est « illégale et injustifiable ». L’Assemblée interpelle les gouvernements européens de maintenir le dialogue et de s’investir davantage la recherche et la promotion de la paix. Les églises ont par contre dans ce conflit un rôle clef dans la guérison des mémoires, la réconciliation et le service diaconal. La présence des deux délégations était un signe fort que la porte n’est pas fermée, le dialogue, même difficile, n’est pas complètement interrompu.

Une invitation européenne

La onzième assemblée depuis la fondation du COE en 1948 a été accueillie conjointement par les Églises d’Allemagne, de Suisse et de l’Alsace-Lorraine. 352 églises de confession anglicane, orthodoxe, protestante et non-dénominationnelle venant de 110 pays du monde ont suivi l’invitation. Les temps de prière et culte montraient bien cette diversité d’expression de la même foi en Dieu d’amour. Les temps en plénière ou en « home groupe » (à 15-20 personnes) font avancer les réflexions sur les sujets importants. Et bien sûr les moments de discussion autour d’un repas ou les pauses café.

La question de la réconciliation et de paix se pose également pour notre relation avec la création. « We are running out of time ! » [Nous n’avons plus beaucoup de temps !] La déclaration « La planète vivante » demande à toutes les Églises « d’accorder à l’urgence climatique l’attention prioritaire » sachant que tout se joue d’ici la prochaine assemblée en 2030 afin de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°. L’assemblée appelle à plusieurs mesures exceptionnelles, d’abord pour le COE lui-même. L’essentielle conversion est de laisser une compréhension anthropocentrique (centré sur l’être humain) vers un écosystème mondial durable.

 

En savoir plus
  • Pour lire le message du COE : ICI
  • Pour lire les articles des différents membres de la délégation française : www.egliseuniverselle.org
  • Pour écouter les podcasts qui donnent des impressions et réflexions de fond sur ce rassemblement œcuménique important : ICI

 

Contact