Fiche n°5 : se former à la prédication

Depuis la rentrée 2017, une formation pour prédicateurs et prédicatrices, à la demande du Conseil régional en région Sud-Ouest, a été mise en place en lien. Habituellement, une formation de ce type dure plusieurs années et cherche à rendre capable celui ou celle qui y participe de conduire un culte « comme un pasteur ». Ainsi, à côté de la découverte de la place de la liturgie, l’élaboration de la prédication est centrale, avec tout ce que cela comporte habituellement : découverte et usage d’outils exégétiques divers, exercice de prise de parole en public, structuration d’une prédication, exercice pratique, etc.

Cette année, l’accent de la formation est différent.

Il y a d’abord l’expérience d’un culte un peu nouveau « Lire la Bible au culte ». Ce culte « autrement » répond à un constat que l’on fait depuis quelque temps : la lecture de la Bible ne va plus de soi. Elle est réputée « difficile », « compliquée », et du coup, on ne lit plus vraiment, même quand on est protestant. Et si lire la Bible à plusieurs pouvait remédier à ce constat, et même à cette difficulté ?

Or, le culte est le lieu par excellence qui rassemble la communauté et qui pourrait donc être un lieu où l’on expérimente concrètement, à plusieurs, que la lecture n’est pas si « difficile », si « compliquée » que cela. Pour le prédicateur, la prédicatrice, le constat est comparable : bien qu’ayant suivi toutes les formations possibles et imaginables, beaucoup de personnes ne se sentent pas capables individuellement de créer leur propre prédication, et ont donc recours à telle prédication « de pasteur » trouvée sur le net ou ailleurs.

Oui, passer du travail biblique, des interprétations multiples à une parole personnelle, individuelle à « annoncer » et à assumer devant l’assemblée est « difficile », « compliqué » pour beaucoup. Le résultat a de quoi inquiéter : le culte devient alors le lieu où l’assemblée ne participe que par le chant des cantiques (qu’elle ne choisit généralement pas) et le prédicateur/trice annonce une parole qui n’est pas vraiment la sienne… comme si plus personne n’osait prendre la parole en son nom propre.

Alors pourquoi, avec en arrière-fond la conviction et l’exigence du sacerdoce universel, ne pas réinvestir l’assemblée dans ce travail d’élaboration d’annonce de l’Evangile ?

Ces quelques réflexions ont donc conduit à proposer aujourd’hui cette formation pour les prédicateurs/trices en région Sud-Ouest :

  1. Une première journée « Découverte » :
  • Par consistoire (pour que la distance ne soit pas un obstacle)
  • Un dimanche de préférence (mais d’autres jours sont possibles)
  • Invitation au « Culte comme occasion de lecture communautaire et individuelle de la Bible » adressée à toutes les paroisses du consistoire
  • Culte aux horaires habituels
  • Repas partagé
  • Relecture l’après-midi avec toutes les personnes intéressées (ce moment n’est pas « réservé » aux prédicateurs/trices) : quelles différences (positives, négatives) constatées par rapport à un culte habituel ? Quels freins éventuels, quels appuis possibles ? Quel intérêt ? …

 

  1. Une deuxième journée « Méthodes d’animation biblique »

Rencontre réservée à celles et ceux qui veulent se former à conduire un tel culte

  • Consistoires regroupés ou région (selon les possibilités),
  • Découverte des méthodes d’animation biblique,
  • Elaboration en groupe d’une animation à partir d’un texte biblique,
  • Repas partagé,
  • Conduite d’une animation pour le groupe présent,
  • Relecture de l’animation présentée.

 

  1. Une troisième journée « Elaboration d’un culte comme occasion de lecture communautaire et individuelle de la Bible »
  • Rencontre réservée à celles et ceux qui veulent se former à conduire un tel culte,
  • Consistoires regroupés ou région (selon les possibilités),
  • Travail sur : Qu’est-ce qu’un culte comme occasion de lecture communautaire et individuelle de la Bible?
  • Elaboration en groupe d’une animation biblique pour un culte,
  • Vivre un « mini-culte » à partir de l’animation créée,
  • Relecture de l’expérience.

 

Katharina Schächl,

pasteure responsable du service Théovie