Edito
Oublier demain ?
Nous sommes facilement amnésiques. Nous nous privons des enseignements de l’histoire et notre présent s’en trouve fragilisé. Durant l’année qui s’ouvre, notre pays sera plongé dans la campagne électorale en vue des élections présidentielles et il est hélas fort probable qu’aucune leçon ne sera tirée du passé. Les tentations de repli, de travestissement de la vérité, de désignation des étrangers comme boucs-émissaires risquent de dominer, jouant les pulsions contre la raison. Saurons-nous y résister ?
L’historien Marc Bloch (1886-1944) écrivait : « L’incompréhension du présent naît fatalement de l’ignorance du passé ». Il savait de quoi il parlait et a payé de sa vie les engagements qui furent les siens. On pourrait compléter ainsi sa phrase : « L’irresponsabilité du présent naît aussi du déni de l’avenir ». Les épisodes de canicule et les incendies de cet été nous montrent que ce que disent les scientifiques depuis de nombreuses années est vrai : le réchauffement climatique, fruit de l’activité humaine, s’amplifie dramatiquement. Mémoire du passé et lucidité quant à l’avenir doivent conduire nos choix fondamentaux. La foi est le contraire de la fatalité et nos engagements sont portés par l’espérance que le Dieu de Jésus-Christ insuffle en nous et par nous.
Pasteur Christian Baccuet
Président du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France